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Mutation du modèle économique français

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Mutation du modèle économique français

Paris, le 09/10/16 par CandidatMontebourg
la Nouvelle France sera aussi la transformation progressive de notre modèle économique national. Il doit devenir plus patriotique. Il doit davantage lutter contre les excès de la financiarisation des entreprises. Et il doit s’appuyer sur un Etat fort.

Qu’est-ce qu’un Etat fort ? C’est un Etat au service du développement économique, capable de protéger les Français, capable de protéger la Nation, ses intérêts stratégiques et industriels lorsqu’ils sont menacés. C’est un Etat qui doit nous éviter les destructions venues de la mondialisation débridée et sans limite.

Un Etat fort peut parfaitement être avisé et modéré, délicat et intelligent dans sa façon d’agir, mais il est le seul moyen dont les Français disposent pour reconstituer la base industrielle de la Nation aujourd’hui en perdition.

Avec un Etat fort, l’économie peut enfin relever la tête. Nous allons protéger, parce que nous le devons, nos fleurons industriels contre le démantèlement et la perte de contrôle. J’avais pris au mois de mai 2014, lorsque j’étais ministre de l’Economie, un décrit dit « Alstom » qui soumettait à autorisation les rachats d’entreprises stratégiques par des investisseurs étrangers ou permettait de fixer les conditions garantissant la protection de nos intérêts nationaux.

Si ce décret avait existé beaucoup plus tôt, on aurait évité la prise de contrôle de Mittal Arcelor, Pechiney et sa disparition, Alstom et son rachat. Et si mon successeur l’avait utilisé, Alcatel n’aurait pas été démantelée, mangée par Nokia à si bon compte. Et Technip n’aurait pas déménagé à Londres après sa fusion avec les Américains.

Je dois vous dire que je regrette ici publiquement qu’il n’en n’ait malheureusement pas fait usage. Il est même allé donner l’aéroport de Toulouse, une infrastructure qui dessert les installations industrielles d’Airbus, à un consortium chinois dirigé par des personnes poursuivies pour corruption dans leur pays, dont le dirigeant a un temps été en fuite et qui s’est empressé de vider la trésorerie. On peut rêver mieux comme sens patriotique à donner à l’action économique.

Jusqu’à présent toutes les méthodes de l’Etat gestionnaire n’ont pas fonctionné. Je vous propose que nous essayions, de façon innovante, l’alliance public – privé. C’est aussi cela l’alliance des forces productives.

Je propose donc que nous constituions un fonds de mise en commun de toutes les institutions financières privées à usage patriotique qui aura pour mission de protéger le capital de grandes entreprises, financer leur développement et maintenir les centres de décision en France. Les Japonais font cela avec beaucoup d’intelligence et de discrétion. Sachons le faire nous aussi.

Je propose encore que nous reconstituions avec le secteur privé et l’Etat comme actionnaire minoritaire, des conglomérats capables de développer nos savoir-faire, de nouer des alliances internationales et de devenir des champions européens et mondiaux dans les mines, dans la métallurgie, dans l’énergie, dans la pharmacie, dans les semi-conducteurs. Nous pouvons reconstituer notre puissance industrielle et les emplois qui vont avec sur le territoire français.

Je propose enfin que le secteur privé et l’Etat financent ensemble des projets industriels innovants dans lesquels la France pourra être leader mondial dans cinq à dix ans. J’avais créé avec le secteur privé les 34 plans industriels qui ont malheureusement été dilués. Nous sommes devenus un des meilleurs incubateurs au monde mais personne ne s’occupe de financer la croissance de ces pépites technologiques qui se font racheter et partent se développer ailleurs, comme tel est le cas dans l’industrie de la robotique.

Nous n’avons aucune raison de craindre le choc technologique et sociétal de la révolution numérique, cette vague d’innovations qui bouleverse les métiers, les entreprises, les comportements, la démocratie. Le nouveau monde nous appartient si nous décidons de nous y investir. C’est le Made in France de demain. Préparons-le pour qu’il appartienne à tous !

Pourquoi donc laisser à Elon Musk, le californien fondateur de Tesla et inventeur des fusées SpaceX, la primeur des défis industriels alors que nous pouvons le faire nous-mêmes ?

Pour réaliser ce chantier de reconstruction de l’industrie nationale ravagée par la crise, je n’hésiterai pas à nationaliser temporairement ou partiellement une des cinq grandes banques françaises. Nous pourrions la faire acquérir par la Caisse des Dépôts et Consignations et cela nous permettrait de disposer d’un bras séculier en mesure d’agir sur l’économie nationale.

La nationalisation, que pratiquent tous les pays à commencer par les plus libéraux, n’est ni un tabou interdit, ni un totem obligatoire. Elle est un outil de souveraineté à utiliser avec tact et mesure lorsqu’une Nation veut se faire respecter, et comptez sur moi pour que la Nouvelle France sache se faire respecter.

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